L’état de santé des rivières françaises

Le saviez-vous ? La France compte 525 000 km de cours d’eau. De quoi contenir une biodiversité riche et variée. Les rivières représentent des écosystèmes complexes. Malheureusement, ces dernières années, l’état des rivières en France s’est dégradé. Les pêcheurs français se mobilisent suite à un constat : les débits des rivières baissent et s’amenuisent, les zones humides s’assèchent. Le réchauffement climatique crée une atmosphère de plus en plus caniculaire l’été, la température monte et l’eau s’évapore. Et cela bouleverse l’entièreté de l’équilibre, car les poissons ont alors plus de mal à migrer et se reproduire. Pourrons-nous encore voir des poissons nager dans nos rivières dans 50 ans ? Aujourd’hui, nous vous proposons un tour d’horizon de l’eau et de l’état des rivières en France, ainsi que des mesures qui sont prises et peuvent être appliquées à votre échelle pour améliorer la situation.

Débit des cours d’eau en baisse

Pourquoi avoir lancé la campagne « Sauver nos Rivières » ?

La Fédération Nationale de la Pêche en France (FNPF) lance une campagne pour sauver nos rivières. Les pêcheurs ont en effet récemment fait des constats inquiétants quant à l’état des rivières en France. Le débit des cours d’eau est en baisse. Si cela continue, il pourrait même baisser de 15 à 40 % d’ici 2070, selon les estimations.

Pourquoi les débits baissent-ils ?

Les causes principales sont multiples.

Premièrement, une trop forte représentation des ouvrages humains, tels que des barrages, seuils, moulins. Ces ouvrages peuvent ralentir le débit de l’eau et empêcher le passage des poissons, ce qui est un problème surtout pour les poissons migrateurs. Cela a un impact direct sur les reproductions de certaines espèces.

En second lieu, on retrouve forcément une sécheresse due aux épisodes caniculaires connus ces dernières années. La sécheresse a des conséquences sur les rivières, mais aussi sur les zones humides. Les canicules commencent à devenir récurrentes, ce serait l’un des effets du réchauffement climatique. Ces dernières années, près de 20 % des rivières se retrouvent asséchées dès le mois de juillet.

Enfin, il y a aussi le gaspillage de l’eau sur les réseaux potables. L’une des pratiques les plus problématiques serait, entre autres, la culture du maïs en zone trop sèche. Pour obtenir une bonne récolte, il faut souvent arroser énormément. En région sèche, les besoins en eau sont donc démultipliés inutilement.

Qu’est-ce qu’une rivière en bonne santé ?

La notion de bonne santé peut paraître floue ou abstraite. Pourtant, elle est liée à la norme de qualité environnement (NQE).

On considère alors qu’une rivière en bonne santé doit présenter deux caractéristiques principales :

  • une absence ou une faible représentation de substances chimiques,
  • une biodiversité riche et abondante.

Cela se traduit non seulement par une bonne qualité de l’eau, mais aussi une bonne quantité.

Le bon fonctionnement biologique de la faune (poissons et invertébrés) et de la flore (plantes aquatiques) est vérifié. On regarde également l’état des berges et la continuité des rivières pour avoir une idée de son état morphologique.

Tous ces critères sont représentatifs de l’état de la rivière ou du cours d’eau.

Parmi les substances chimiques qui peuvent être relevées, on surveille tout particulièrement la présence de pesticides, métaux lourds, hydrocarbures, etc. Ce sont des matières considérées comme polluantes et néfastes pour l’environnement.

Montée des eaux de la mer

En parallèle de ces phénomènes inquiétants dans les terres, on fait un constat tout aussi alarmant au niveau des côtes : l’eau des mers monte drastiquement et risque de monter encore de 85 cm à plus de 1 m d’ici 2100 si nous ne changeons rien.

Cela pourra avoir de nombreux impacts :

  • des habitants se retrouveront sous le niveau de la mer (les scénarios les plus pessimistes évoquent une submersion pouvant menacer jusqu’à 1,4 million de Français),
  • les plages et falaises continueront de connaître une érosion dangereuse,
  • les nappes phréatiques remonteront également, ce qui occasionnera des catastrophes naturelles et destructions à l’intérieur des terres,
  • l’eau va remonter par les fleuves et rivières et cela bloquera l’écoulement naturel.

On estime que l’impact pourrait se ressentir jusqu’à 10 km autour des zones concernées à l’intérieur des terres.

Bien sûr, cela n’ira pas améliorer l’équilibre des rivières en France, déjà fragile, comme nous l’avons vu.

En cause : encore une fois le réchauffement climatique, cette fois responsable de la fonte des glaces.

Mesures prises pour préserver l’état des rivières en France

Ce qui était là

Bien sûr, pour vérifier la bonne santé des cours d’eau et rivières de France, des dispositifs ont été mis en place. Depuis 1970, plusieurs milliers de stations de surveillance sont réparties sur l’ensemble du territoire et enregistrent des historiques se basant sur plus de 66 critères.

Aujourd’hui, la Fédération Nationale de la Pêche en France mobilise de nombreux bénévoles, mais aussi des moyens et ressources financières afin de mener des études et surveillances.

Les bénévoles ont la lourde tâche de sauver, chaque année, une tonne de poissons par département. Ils seraient 1,5 million de pêcheurs mobilisés sur l’ensemble du territoire.

La méthode ? Pêcher un maximum de poissons dans les cours d’eau qui menacent de s’assécher, pour pouvoir les transporter dans des cours d’eau plus sains, dans lesquels ils pourront poursuivre leur vie, afin de maintenir l’équilibre.

Ce qui est demandé à l’échelle nationale

Pourtant, ces efforts seront vains si la situation ne change pas à plus haute échelle. La FNPF demande donc que des mesures soient prises à l’échelle nationale pour plus d’efficacité.

Une consultation publique a donc été lancée pour demander la mise en place d’un nouveau décret encadrant l’utilisation de l’eau dans le pays. 5 objectifs majeurs :

  • une gestion de l’eau économe, concertée et équilibrée,
  • un recours aux solutions de stockage de l’eau localement justifié,
  • une politique de restauration de la continuité écologique de grande envergure,
  • une protection forte des zones humides,
  • une création d’un ministère de l’Eau avec des moyens humains et financiers dédiés.

Dans le détail, cela passerait par de nombreuses mesures. Ce dernier objectif n’est pas des moindres. Il s’agit bel et bien de demander que la gestion de l’eau sur le territoire français devienne une préoccupation nationale.

Ce que l’on peut faire à sa propre échelle

Bonne nouvelle ! Il est aussi possible d’agir à sa propre échelle, en tant que riverain. Voici des engagements qui peuvent être pris et suivis par toute personne concernée :

  • pour toute personne souhaitant contribuer : participer à l’entretien des berges, enlever les obstacles menaçant le débit, couper les arbres menaçant de faire barrage, nettoyer et contribuer à la dépollution des cours d’eau en ramassant les déchets ;
  • pour les éleveurs, aménager des abreuvoirs pour éviter le piétinement des berges par le bétail ;
  • pour les propriétaires d’ouvrages hydrauliques : réguler leur utilisation pour s’assurer du maintien de la migration des poissons.

Bien sûr, il est également possible de se porter volontaire et de s’engager auprès des associations locales ou de l’Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA). C’est l’association à laquelle adhère tout détenteur d’une carte de pêche.

Aujourd’hui, le constat concernant l’état des rivières en France est donc alarmant. Le sujet doit être pris sous un nouvel angle et, pourquoi pas, devenir d’intérêt national et global. Pour réussir à conserver notre patrimoine biologique et écologique, il est grand temps de se mobiliser et de prendre des mesures drastiques. À défaut de quoi, la situation deviendra assez inextricable d’ici une cinquantaine d’années. Si vous souhaitez aller plus loin et en apprendre davantage sur le sujet, vous pouvez visionner les vidéos et ressources mises à disposition sur le site de la Fédération Nationale de la Pêche en France.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *